Annonce de révolutions dans le monde ?

Posted on 21 juin 2011

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De manière inattendue et plus importante que ces vingt dernières années, de nombreux mouvements populaires ont pris naissance depuis quelque temps. Le printemps arabe s’est éveillé contre le chômage, les fortes inégalités, la corruption éhontée et l’autoritarisme de régimes semblant bien assis, comme en Tunisie, en Egypte et au Yémen. Il s’est étendu à Libye et à la Syrie. En Europe, la crise économique et financière et les réductions de prestations sociales et privatisations pour soi-disant sauver des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, ont suscité et suscitent encore d’amples mobilisations. Même en Chine on commence à se révolter contre l’exploitation des plus pauvres par une élite communisto-capitaliste. On ne sait guère (comme sans doute dans toute phase peut-être pré-révolutionnaire) sur quoi tout cela va déboucher. En Tunisie et en Egypte, les despotes sont partis mais par qui vont-ils être remplacés  ? Au Yémen, en Libye et en Syrie, les anciens régimes résistent. En Europe, les manifestations sont massives, durables et parfois mouvementées. En Espagne il existe même comme l’ébauche d’une gestion alternative du pays. Mais il n’y a pas encore de projet pour une relève et l’organisation en est à ses débuts. Presque partout, les mouvements sont largement spontanés et ont été fortement influencés par les moyens de communications électroniques. Le résultat a son point fort et son point faible: son point fort est la rapidité et le nombre de personnes touchées, mais son point faible, c’est la grande diversité des gens, des intérêts et des motivations, et le manque de préparation et d’organisation. On note aussi souvent un certain rejet de toutes les forces politiques et syndicales existantes (y compris de celles qui se battent sans concession depuis des décennies pour améliorer les choses). Le mouvement a aussi pour l’instant peu d’échos dans les autres pays (quoique les Italiens commencent, dans les urnes, à dire non aux manipulations populistes berlusconiennes). En Suisse, une situation relativement favorable pour une majorité freine encore la remise en question (même si l’on travaille trop pour les avantages qu’on en retire notamment sous la forme de la consommation censée faire passer toutes les pilules).

Alors, de nos Alpes encore tranquilles, nous ne pouvons qu’observer, en exprimant notre totale solidarité avec toutes celles et tous ceux qui ont décidé, en tout cas pour un temps, de ne pas laisser confisquer leurs destins par des dirigeants voulant remplir leurs coffres ou, en Europe, par des politiciens qui sont certes « élus » mais qu’on n’avait pas élus pour détruire le bien-être de leurs concitoyens en vue de soutenir l’euro, une monnaie commune qui fonctionne surtout pour les pays les plus riches.

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