Saint Basile, le partage et l’impôt

Posted on 23 juillet 2011

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Saint Basile, le partage et l’impôt

Voici ce que Wikipédia dit de saint Basile de Césarée:

« L’administration de son diocèse est marquée par un profond engagement social. Basile développe une véritable assistance publique. Il fonde dans chaque circonscription de son diocèse un hospice pour recevoir les pauvres et les malades. À Césarée, il construit un établissement complet, une petite ville, qui comprend au centre l’église, entourée d’un hospice de vieillards, un hôpital pour les malades, une hôtellerie pour les voyageurs et les pèlerins, des logements pour les gens de service, et des écoles pour les orphelins de la ville, le tout financé par l’Église. Cet ensemble est surnommé « Basiliade » en l’honneur de son fondateur. »

Et voici un beau texte de saint Basile sur la propriété et le partage;

« Quel est l’homme injustement avide? n’est-ce point celui qui n’est pas satisfait lorsqu’il a suffisamment? Quel est le voleur public? n’est-ce pas celui qui prend pour lui seul ce qui est à chacun ? N’êtes-vous pas un homme injustement avide , un voleur public, vous qui vous appropriez seul ce que vous avez reçu pour le dispenser aux autres ? On appelle brigand celui qui dépouille les voyageurs habillés : mais celui qui ne revêt pas l’indigent nu, mérite-t-il un autre nom ? le pain que vous enfermez est à celui qui a faim ; l’habit que vous tenez dans vos coffres est à celui qui est nu ; la chaussure qui se gâte chez vous est à celui qui n’en a pas ; l’or que vous enfouissez est à celui qui est dans le besoin. Ainsi vous faites tort à tous ceux dont vous pouviez soulager l’indigence. »

(source: http://www.abbaye-saint-benoît.ch/saints/basile/homelies/002.htm)

Suite à cette lecture, j’ai envie de faire deux remarques:

1) qui est plus proche de l’esprit de saint Basile:

a) les bien-pensants pétris de religion chrétienne et méprisant ceux qu’ils taxent de « communistes infréquentables » tout en défendant à cor et à cri la propriété privée et en refusant de taxer les plus riches,

b) ou ceux qui, même sans se référer aux églises établies, se battent pour un monde, dans notre pays comme dans tous les autres, où des mesures efficaces sont mises en oeuvre pour que l’abondance de biens pour les uns ne signifie pas la misère ou de graves privations pour d’autres ?

2) une fiscalité faisant payer plus aux plus riches n’est-elle pas une très bonne solution pour que l' »avide » ne devienne le « voleur public » et le « brigand » dont parle saint Basile ? En effet, quand on a gagné beaucoup plus d’argent et de biens qu’il nous en faut, étant ainsi capables de jouir de beaucoup d’avantages dont d’autres sont privés, payer des impôts importants ne permet-il pas de leur rendre leur dû ? En payant des impôts directs élevés, les riches permettent aux moins favorisés d’avoir accès aux mêmes avantages qu’eux, et cela fait, selon les termes de saint Basile, qu' »ils n’enferment pas le pain » et « ne tiennent pas dans leurs coffres l’habit » auxquels d’autres ont droit. A défaut de l’impôt, la justice peut s’établir par un partage des biens et une égalisation des revenus, mais qui les préfère à l’impôt et qui les juge plus faciles à réaliser ?

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