Bravo aux indignés (organisés)

Posted on 4 décembre 2011

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Il est essentiel de s’indigner et de le manifester en restant dans la rue et en exprimant haut et fort ce que l’on pense du système. Mais il y a longtemps que les militant-e-s de gauche s’indignent et le disent. Et pour l’heure rien n’a vraiment changé. Le mouvement des indignés, me semble-t-il, comme le mouvement altermondialiste en Occident, a été pour l’heure un mouvement d’opinion. Les mouvements d’opinion sont importants parce qu’ils annoncent quelque chose, mais ils n’ont pas encore les moyens d’être efficaces: ils concernent des minorités trop restreintes auxquelles appartiennent beaucoup d’intellectuels. L’efficacité survient quand le mouvement d’opinion peut rencontrer un mouvement social impliquant une forte minorité ou une majorité. Et c’est seulement sur la base d’un mouvement social que l’efficacité politique peut apparaître, quand des partis ou mouvements politiques organisés sont à même de faire avancer avec succès les revendications du mouvement social.

C’est pourquoi, certainement, le mouvement altermondialiste, qui fut aussi un très important mouvement d’opinion, porta des fruits surtout dans le Sud, où, notamment en Amérique latine (au Vénézuela, au Brésil, en Argentine,…), il rencontra un puissant mouvement paysan et une forte résistance populaire à des politiques néolibérales insupportables. Dans le Nord, le mouvement altermondialiste influença l’organisation de la paysannerie anti-productiviste, mais pour le reste il manqua la plupart du temps la jonction avec les travailleurs, leurs syndicats et les partis qui les représentaient.

Aujourd’hui lemouvement des indignés apparaît dans le Nord à un moment où les charges imposées par le néolibéralisme deviennent aussi insupportables: alors ce mouvement d’opinion est peut-être en passe de participer efficacement au changement… Souhaitons qu’il ne se voile pas la face devant le fait qu’on ne peut agir sans faire de politique et qu’on ne peut pas faire de politique sans s’organiser !

L’idée qu’il ne faut pas se laisser récupérer par des forces politiques existantes ne peut en tout cas pas servir de fil conducteur si l’on veut tenir tête aux forces très bien organisées des bourses, des multinationales et des gouvernements qui les soutiennent !

Alors indignons-nous, mais organisons-nous !

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