Paul Fort grand poète populaire

Posted on 18 février 2012

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Paul Fort (1872-1963) est un grand poète populaire. Ses vers ont un sens humain profond, mais ils sont simples et accessibles à tous et portés par le rythme et la musicalité.

Je vous livre ici son fameux poème Le Bonheur. Il dit magnifiquement que le bonheur est ce que nous recherchons constamment, mais qu’il est aussi ce qui nous échappe constamment. Mais qu’il nous échappe n’a pas grande importance, car le sens de la vie est dans la recherche (c’est elle qui nous donne la joie) et non dans l’aboutissement. G.B. Shaw disait d’ailleurs: « Une vie de bonheur ! Il n’est pas d’homme capable de l’endurer: ce serait l’enfer sur terre » (http://www.evene.fr/citations/george-bernard-shaw?page=5). J’aime particulièrement le vers « Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite », il nous met dans une ambiance d’enthousiasme conquérant, la force et la vitesse au-dessus de l’inertie routinière… on s’accroche aux cornes du bélier et portés par lui, on a la joie d’aller au-delà… et quelle joie !

Pour finir « Il a filé »…, mais peu importe ce sera pour les prochaines fois, car il est ce qui nous met toujours en mouvement !

Le Bonheur
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer.
Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite. Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.
Dans l’ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite. Dans l’ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.
Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite. Sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.
Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite. Sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.
De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite. De pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.
Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite. Saute par-dessus la haie, cours-y vite. Il a filé !

Paul FORT

http://wheatoncollege.edu/academic/academicdept/French/ViveVoix/Resources/bonheur.html

Et je complète par la magnifique mise en musique par Brassens de « Si le Bon Dieu l’avait voulu », où l’on revoit que par définition l’amour ne peut s’adresser qu’à l’être irremplaçable:

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