Choeurs d’hommes du Pays de Galles

Posted on 4 mars 2012

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Le Pays de Galles est célèbre pour ses extraordinaires choeurs d’hommes (« male choirs » ou « cor meibion » en gallois). Ces derniers se sont développés dans les villes minières au XIXème siècle, avant d’essaimer sur l’ensemble du territoire. On dit que c’est à l’initiative des gens d’Eglise qui voulaient empêcher les ouvriers de passer leurs loisirs à boire (voir le site http://www.terresceltes.net/Les-choeurs-gallois.html). Un ami m’a fait remarquer qu’on trouvait ici un bel exemple d’aliénation, l’Eglise occupant le temps libre des mineurs en leur faisant chanter des cantiques. Il y a peut-être du vrai dans cela, mais au Pays de Galles, il y a certainement plus que cela. En effet la participation à des choeurs n’empêcha pas les Gallois d’être des militants syndicalistes très combatifs et des supporters du Parti travailliste qui fut très influent dans le pays durant tout le XXème siècle. Alors ce qu’on voit dans tout cela, c’est plutôt une conception riche de la vie: d’une part l’indispensable lutte politique pour améliorer les conditions de vie matérielles, mais d’autre part l’accès des ouvriers à la beauté à travers la musique et à la recherche de la vérité à travers l’attitude religieuse. La lutte politique met en place les conditions de l’épanouissement, l’art et la spiritualité permettent l’épanouissement: où est le sens du socialisme sinon dans cette complémentarité ?

D’abord le choeur d’hommes de Rhos interprète l’hymne Llef.
Cet hymne dont le titre signifie Un cri a été composé au XIXème siècle par David Charles et Griffith Hugh Jones. Il figure dans la bande du film How Green Was My Valley (Qu’elle était verte ma vallée) de John Ford (1941).
(voir: http://en.wikipedia.org/wiki/Llef)
J’en donne ici le texte gallois et un essai de traduction par mes soins à partir du texte anglais.

O! Iesu mawr, rho d’anian bur
I eiddil gwan mewn anial dir,
I’w nerthu drwy’r holl rwystrau sy
Ar ddyrys daith i’r Ganaan fry.

Pob gras sydd yn yr Eglwys fawr,

Fry yn y nef, neu ar y llawr,

Caf feddu’n oll, eu meddu’n un,

Wrth feddu d’anian Di dy Hun.



Mi lyna’n dawel wrth dy draed,

Mi ganaf am rinweddau’r gwaed,

Mi garia’r groes, mi nofia’r don,

Ond cael dy anian dan fy mron.

O Jésus, que ton esprit éclaire
Cet être faible dans le désert,
Pour le guider à travers les tourments,
Vers tes hauteurs par le pays de Canaan.

La grâce qui de l’Eglise jaillit,
Là-haut, dans le ciel et ici,
Je l’aurai toute entière, elle sera toute mienne,
Pourvu que ta divine grâce me soutienne.

A tes pieds saints je m’accrocherai,
Les vertus de ton sang je chanterai,
Je franchirai la vague, je porterai la croix,
Si seulement tu demeures avec moi.

Ensuite les trois choeurs Unedig Colin Jones, Godre’r Aran et Fron chantent le célèbre hymne Gwahoddiad (Invitation), d’origine américaine (du pasteur Lewis Hartsough) , mais qui suite à sa traduction en gallois par le pasteur Ieuan Gwyllt , est devenu une des pièces centrales du répertoire religieux du Pays de Galles.

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