Jacques Prévert et la grève

Posted on 1 juillet 2012

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Voici un poème fort et beau de Jacques Prévert (1900-1977), en soutien à une grève aux usines Citroën (1933). Prévert est un des plus grands poètes populaires français. Auteur de poèmes mais aussi de scénarios et de dialogues de films (pour Marcel Carné, Jean Renoir et Jean Grémillon), il fut un artiste très engagé, participant notamment, dans les années 30 au groupe de théâtre militant Octobre, et travaillant avec Jean Renoir sur Le Crime de Monsieur Lange, un film lié au Front populaire. Ses poèmes, comme Les Feuilles mortes, furent en outre mis en musique par Joseph Kosma.

Ce poème dit l’essentiel sur la relation grands patrons-ouvriers dans le capitalisme: « il leur prend l’air, le temps, la vie,… ». Il rappelle la force qu’il reste aux travailleurs de résister et de faire la grève.

Certains disent: « Il ne faut pas attaquer les patrons car c’est grâce à eux qu’il y a des emplois ». On peut être en partie d’accord, mais 1) les patrons ne sont jamais dispensés d’être justes et reconnaissants par rapport à ceux qui leur permettent d’être patrons et de profiter à l’occasion de bénéfices qu’ils négligent en général de partager, 2) les patrons ne sont pas nécessaires pour créer des emplois (les ouvriers peuvent les créer eux-mêmes dans des coopératives). On peut donc être d’accord que tous les patrons ne sont pas à blâmer, que certains méritent d’être félicités, que les petits patrons sont fréquemment moins critiquables que les grands (bien qu’ils ne soient pas toujours irréprochables). Mais une défense inconditionnelle du patronat n’est jamais justifiée; il ne faut pas oublier que le patronat fournit le capital, mais que les salariés fournissent le travail, qui est seul apte à valoriser le capital; sans ses salariés, même le plus grand patron est un pauvre qui ne pourrait gagner sa vie qu’en travaillant à égalité avec eux (ils lui font donc un beau cadeau !).

Pour être fixés sur un certain patronat, pensons à Merck Serono, qui ne pense aussi, comme dans le poème, que « bénéfice net » et « millions ».

Voici Jacques Prévert qui lit son poème:

Jacques Prévert

http://cp.lakanal.free.fr/poesie/orguebarbarie.htm

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