Collaborer et diriger avec un esprit démocratique

Posted on 20 octobre 2012

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« Toute chose a deux anses, l’une, par où on peut la porter, l’autre, par où on ne le peut pas. Si ton frère a des torts, ne le prends pas par ce côté-là, qu’il a des torts (c’est l’anse par où on ne peut porter) ; prends-le plutôt par cet autre côté, qu’il est ton frère, qu’il a été nourri avec toi, et tu prendras la chose par où on peut la porter. »    (Manuel d’Epictète, XLIII)

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Rien n’est plus vrai ni plus beau que ce propos tiré du Manuel d’Epictète.

Dans toute activité humaine, et particulièrement quand il s’agit de diriger ou de coordonner des collaborateurs, il faut s’inspirer d’un tel texte.

 

Ainsi, quand bien sûr on a affaire à des personnes honnêtes et d’assez bonne volonté (dans le cas contraire, pourquoi collaborer ?), on se conformera à quelques principes:

– écouter l’autre

– essayer de se mettre à sa place

– ne pas regarder ce que l’autre n’a pas fait mais ce qu’il a fait

– lui exprimer de la reconnaissance pour ce qu’il a fait.

 

De la sorte on utilisera la bonne anse.

Agir de cette façon est d’abord nécessaire du point de vue de la morale, car tout être humain a droit au respect, même si d’un certain point de vue il n’a pas répondu aux attentes (il reste le « frère » dont parle le Manuel d’Epictète).

Mais agir de cette façon est aussi nécessaire en vue de l’efficacité, car attaquer l’autre, l’accuser et l’abaisser, c’est assurément interrompre toute collaboration avec lui, à moins d’avoir à son égard des moyens de contrainte.

 

Il faut être très pessimiste pour penser que sans dureté on n’obtiendra pas ce qu’on attend des autres.

 

Si prendre par la bonne anse s’impose dans toutes les activités, il est sans doute encore plus essentiel d’y recourir dans des actions politiques visant la coopération et la démocratie. Car viser l’extension de l’égalité démocratique en jugeant durement des égaux contredit totalement le but qu’on s’est fixé.

 

Les autres peuvent nous impatienter ou nous irriter, c’est naturel. On peut se laisser emporter. Mais il est bon d’écouter le conseil du Manuel d’Epictète: si l’on a pris les choses par la mauvaise anse, il faut les poser à terre et les prendre à nouveau par le bon côté. Sans se cramponner à la mauvaise anse. Ainsi on pourra repartir dans la direction d’une société démocratique et fraternelle.

 

 

La reconnaissance: prendre les choses par la bonne anse

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