Valais 2013: triomphe de la démagogie

Posted on 3 mars 2013

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Les résultats du premier tour des élections au Conseil d’Etat sont tombés: Oskar Freysinger est en tête avec plus de 53.000 voix et devance le premier PDC de 3.000 suffrages. Je n’avais voté pour aucun-e des candidat-e-s et n’ai à regretter l’échec de personne.

En revanche je suis, comme sans doute beaucoup de mes concitoyen-ne-s, consterné par cette victoire de la démagogie. Oskar Freysinger, mon collègue, qui a bien des qualités en tant que personne, s’illustre pourtant en politique en flattant de manière immodérée les préjugés et les sentiments négatifs de la population, ce qu’on appelle la démagogie, contre laquelle les philosophes grecs appelaient à se dresser. Le parti choisi par Oskar Freysinger est en Suisse l’incarnation de cette démagogie, et notre leader UDC cantonal surenchérit encore souvent par rapport à son parti. Ce parti table sur les tendances les plus négatives de notre pays: ultra-conservatisme, repli sur soi, rejet de la différence, absence de générosité (si Henri Dunant avait été UDC, il aurait fondé l’ASIN et non la Croix-Rouge !).

Le Valais démontre bien ce soir la conséquence d’une absence de culture de gauche que l’extrême-gauche est souvent seule à défendre. Quand une période critique survient, où un monde ancien s’efface sans que les contours du monde nouveau  soient dessinés, beaucoup se trouvent déstabilisés. En l’absence d’une culture de gauche, orientée vers l’altruisme et la générosité, nombre de ceux et celles qui, à raison, sont déstabilisé-e-s se tournent vers les forces démagogiques misant sur l’égoïsme et l’étroitesse d’esprit, cultivant le climat de la chaleur d’un illusoire foyer où l’on est entre soi sous la protection d’un chef qui semble tout résoudre en partant d’un grand rire.

Ce sont ces réflexions que le résultat de ce soir me suggère. Tant que le Valais sera pénétré et perclus de conservatisme, et que la gauche dominante ici continuera de se montrer complaisante, on devra encore s’attendre à ce genre d’événement. Et en tant que démocrates progressistes, avant que cela ne change, on ne peut je crois qu’en être profondément affligés.

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