Les Fatals Picards, entre rire et gravité

Posted on 18 janvier 2014

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J’ai récemment écouté des chansons du groupe Les Fatals Picards, et j’en ai été complètement convaincu.

Fondé en 1998, c’est un groupe dont le personnel a fréquemment changé (un des fondateurs Ivan Callot était picard) et qui est aujourd’hui composé de Paul Léger au chant,  de Laurent Honel à la guitare, de  Jean-Marc Sauvagnargues à la batterie et d’Yves Giraud à la guitare basse.

Ils mêlent l’humour décapant  et la gravité, avec un net engagement (ils ont joué en faveur du non à la Constitution européenne et participent à de nombreuses fêtes du Parti Communiste), dans un style musical composite combinant la chanson française, le punk et le reggae. Les textes sont remarquables, maniant l’art du jeu de mots de façon virtuose. Les musiques sont agréables et énergiques.

Ils ont même représenté la France au concours Eurovision de la chanson 2007.

Leur répertoire aborde un nombre étendu de sujets, avec une attention aux problématiques humaines, sociales et politiques. Des problèmes rencontrés par les enseignants (La sécurité de l’emploi) au déclin du PCF (Mon père état tellement de gauche),  de l’idéologie libérale omniprésente (Et puis merde, je vote à droite) à la résistance des ouvriers (Le combat ordinaire), de l’homophobie (Coming Out), aux préjugés nationalistes (Je viens d’ici), les Fatals Picards présentent une série de clichés réalistes et instructifs du monde actuel. Il se peut aussi que l’évocation de la vie contemporaine soit totalement déjantée (comme dans C’est pas bien, On est des oufs), ou en tout cas vraiment drôle comme dans Par ici la monnaie, dont voici les premières paroles:

« Messieurs dames bienvenue pour cette première

Cette soirée pour dire oui au refus de la misère.

Grâce a vos dons, à votre grandeur d´âme

La France d´en bas secourt enfin la France qui gagne.

Vous savez que l´argent ne fais pas le bonheur

Dans 3 heures je veux voir exploser le compteur.

Plus grande sera votre générosité,

Plus confortable leur parachutes dorés. »

http://en.lyrics-copy.com/les-fatals-picards/par-ici-la-monnaie.htm

Par rapport au rire aigri à la Dieudonné, les Fatals Picards proposent justement un rire libérateur, un sacré antidote.

 

Comme illustration musicale, voici Le Combat ordinaire, une belle chanson de lutte et de dignité ouvrière, extraite de l’album Le Sens de la gravité (2009):

A quelques jours de la votation sur l’initiative contre l’immigration de masse, la chanson comique, Je viens d’ici, extraite de Pamplemousse mécanique (2007), éclaire d’une éloquente lumière les mythes nationalistes qui inspirent celles et ceux qu’angoisse l’immigration:

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