Début 2014: Soubresauts dans la république du Valais

Posted on 1 février 2014

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Les événements politiques que nous vivons actuellement en Valais interrogent.

L’affaire Giroud rappelle:

– combien il serait important de plafonner les dépenses de campagnes y compris électorales (par exemple à 30.000 Francs), pour limiter l’établissement de liens entre politiciens et hommes d’affaires

– combien est nécessaire, de toute façon, la transparence sur les contributeurs aux campagnes, même si en cas de plafonnement, il y en aurait moins et même si leurs dons étaient moins problématiques

– qu’il pourrait être utile, pour limiter le recours à des « sponsors » encombrants, de décider d’un financement public des partis politiques (en respectant l’équité de sorte que tout parti aurait droit à une dotation minimale de 20.000 Francs qu’on pourrait augmenter progressivement en fonction des résultats obtenus mais avec un plafonnement)

– que les moyens de ce financement pourraient être dégagés grâce à la suppression de cet absurde double frein aux dépenses et à l’endettement de l’Etat du Valais (qu’on a réussi à faire accepter en votation populaire en 2002) qui sert à conserver l’argent dans les poches des plus riches et à empêcher des choix budgétaires utiles à toute la population.

Le canton est aussi ces dernières semaines perturbé par une affaire concernant un haut-fonctionnaire. Pour l’heure le contexte est confus, il y a anguille sous roche sans qu’on connaisse précisément les faits; ces derniers doivent être encore éclaircis avant qu’on puisse se prononcer. Mais d’un point de vue général, il serait important que lors des procédures de choix, on effectue un contrôle strict de la situation fiscale des candidats. Les postes de hauts fonctionnaires devraient exiger une conduite fiscale sans reproche. Si cette condition n’est pas remplie, la nomination ne devrait pas avoir lieu et si un cas de conduite douteuse devait être prouvée après nomination, une démission serait la seule solution envisageable. La crédibilité de la fonction, à travers elle celle de l’administration et à travers elle celle de l’Etat, est à ce prix. Les citoyens d’un Etat démocratique ne peuvent pas demander autre chose.

Ce qui distingue une démocratie d’un autre régime politique, c’est l’égalité de traitement qui doit régner entre tous les citoyens, une égalité de traitement qui s’impose tout particulièrement face à l’impôt. Un autre trait de la démocratie, c’est que les citoyens doivent être vigilants et vérifier que ne se constituent pas de petites sociétés claniques, locales ou amicales, qui transforment la démocratie en un tissu de petites oligarchies. Au-delà des commissions parlementaires, c’est donc au peuple lui-même d’exiger la transparence et le dévoilement de la vérité, sans fard et au-delà des cabales politiques éventuellement menées par certains clans contre d’autres.

En tout cas, après quelques mois, les Valaisan-ne-s peuvent constater que l’exercice du pouvoir par le tribun plébiscité d’un parti prétendant tout résoudre ne permet pas de prévoir de grands changements: c’est l’inévitable destin des dicours de la droite dure, apte à rassembler les mécontents pour que leur mécontentement ne menace pas l’ordre établi !

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