François Béranger toujours d’actualité

Posted on 1 décembre 2014

0


François Béranger est né en 1937 dans une famille ouvrière influencée par le syndicalisme chrétien (son père était tourneur chez Renault et sa mère couturière). A 16 ans, il a travaillé aux usines Renault de Boulogne-Billancourt, avant de faire partie d’une troupe itinérante, La Roulotte, dans laquelle il commence à chanter. Il a passé dix-neuf mois douloureux comme soldat en Algérie, est retourné chez Renault, est passé par l’ORTF notamment comme réalisateur, avant de se lancer dans la chanson. Il a joué un rôle important dans la chanson engagée des années 1970, époque où régnait encore l’espoir né de Mai 1968. Il a effectué avec succès de nombreuses tournées, mais a été écarté de la radio et de la télévision à cause de ses idées. Il a participé à la musique du film de Gébé et Jacques Doillon, L’an 01, où on peut aussi le voir à l’écran. Il a sorti de multiples albums (Tranche de vie, Ca doit être bien, La Chaise, Le monde bouge, L’alternative, Participe présent. Mamadou m’a dit,…). Après une pause entre 1982 et 1989, pendant laquelle il passe un brevet de pilote, il a poursuivi sa carrière jusqu’à sa mort en 2003, sortant de nouveaux albums (Dure-mère, En Avant !, Profiter du temps, Béranger chante Félix Leclerc,…).
(sources:
http://fr.wikipedia.org/wiki/François_Béranger
http://www.rfimusique.com/artiste/chanson/francois-beranger/biographie)

Il y a chez François Béranger une grande force avec des mots directs et puissants, portée par une voix chaleureuse. Ce qui s’exprime, c’est l’indignation, la révolte, mais aussi la tendresse (comme dans Le Vieux et dans Grand Mère). Il faut noter aussi la grande qualité de l’accompagnement musical par les très bons instrumentistes dont il savait s’entourer. A la fin de sa vie, quand on lui demandait s’il regrettait quelque chose, il disait que son seul regret était de « n’avoir pas été assez subversif » (voir: http://www.ina.fr/video/PAC04016457). « A consommer jamais » est le titre d’une chanson de Béranger, « A consommer toujours et sans modération », c’est ce qu’on peut encore conclure en 2014 à propos des chansons de cet excellent artiste.

Je vous propose trois chansons.
D’abord Blues parlé du syndicat (1978), qui est une très bonne adaptation française de Talking Union, chanson syndicaliste des Almanac Singers (dont  faisaient partie Woody Guthrie et Pete Seeger), et qu’il est bien utile d’entendre dans ces temps où l’on hésite à se battre tant les chances de succès paraissent souvent compromises (mais aujourd’hui les mobilisations aux TPG de Genève et à Neuchâtel redonnent du courage).
Ensuite Mamadou m’a dit (1979), une chanson pleine d’ironie décrivant l’attitude occidentale égoïste à l’égard des immigrés (bienvenus pour être exploités, pas assez bons pour être intégrés) qui n’a pas changé depuis les années 1970.
En troisième lieu, En Avant (1997) est une sorte de chant de deuil sur l’abandon des acquis sociaux qui est aussi d’une brûlante actualité aussi dans notre Suisse si fortunée où l’on veut imposer un retour en arrière par d’inutiles économies.

Posted in: Articles