La gauche radicale (ou alternative) en Europe (version réactualisée en avril 2017)

Posted on 30 avril 2016

0


Je présente ici une petite synthèse que j’ai rédigée pour apercevoir en gros d’un seul regard la situation de la gauche radicale (ou alternative) en Europe, celle qui, contrairement aux « socialistes » et sociaux-démocrates, ne se contente pas de gérer un libéralisme de gauche mais propose des voies alternatives anticapitalistes. Je la nomme « radicale » (car elle va à la racine des problèmes) ou « alternative » (car elle propose autre chose), mais on pourrait aussi la nommer « combative » (car elle lutte plus que la gauche modérée) ou « gauche de la gauche » (car elle est à la gauche de la gauche modérée). J’ai mentionné des partis qui pour la grande majorité participent aux élections et obtiennent des sièges de députés voire des postes ministériels. La raison de ce choix est que ces partis sont bien organisés (et l’organisation est ce qui semble avoir parfois manqué aux « indignés » d’Europe), qu’ils sont capables d’animer des campagnes, de réunir des manifestations sur une durée assez longue, et ont des moyens d’influer sur les lois. En Europe de l’Est, je n’ai mentionné que le Parti communiste de Bohême-Moravie et la Slovénie, la gauche radicale étant presque inexistante dans les autres pays. Il y a assez peu de différences programmatiques entre ces partis et organisations: les différences sont liées à l’histoire (conflit marxisme-anarchisme, conflit autour de l’URSS), et, quant aux thèmes, portent surtout sur la participation ou non aux institutions de l’Etat bourgeois et sur le rôle à attribuer ou non à l’Etat. Aujourd’hui des divergences se manifestent également par rapport à l’UE et à l’euro, certains pensant qu’on peut changer les institutions européennes de l’intérieur, les autres qu’il faut en sortir.

Pour être complet, il aurait bien sûr fallu citer les syndicats, les associations notamment altermondialistes et les groupes libertaires. Les mouvements sociaux et citoyens comme Nuit debout actuellement en France jouent aussi un rôle important (voir dans ce blog:

Comme je mentionne beaucoup de chiffres, j’espère ne pas avoir commis d’erreur et remercie tout lecteur de m’en informer s’il en découvrait.

Au Parlement européen: en 2009, la gauche radicale avait 35/736 députés (ce qui fait env. 5 % des députés); aux élections de 2014, un progrès significatif lui a attribué 52 députés (6,92 % des voix).
Il y a des alliances de partis au niveau européen (auxquelles participent aussi bien des partis de pays membres de l’UE que de pays qui n’en font pas partie). Le Parti de la Gauche européenne, constitué au niveau européen de divers partis de gauche, notamment de partis communistes et ex-communistes (dans la liste les partis en faisant partie sont notés avec une astérisque), l’Alliance de la Gauche verte nordique, présente dans les pays scandinaves (partis notés avec deux astérisques) et la Gauche anticapitaliste européenne, constituée de partis trotskistes (notés avec trois astérisques). Un certain nombre de partis communistes européens, qu’ils fassent partie (comme le PCF) ou ne fassent pas partie du Parti de la Gauche européenne (comme le KKE grec), participent aux Conférences internationales des partis communistes et ouvriers (réseau de solidarité, en anglais Solidnet) (ils sont notés d’un cercle).

Les partis de la gauche alternative sont généralement minoritaires, voire faibles ou très faibles, mais ils existent quasiment dans tous les pays d’Europe, leur situation variant suivant les contextes dans lesquels ils sont placés. Il est des pays (rares) où ils représentent plus de 20 % des suffrages, deux groupes de pays où ils représentent pour le premier entre 10 et 20 % des électeurs, et pour le deuxième entre 5 et 10 %. Enfin, un dernier groupe de pays se caractérise par la faiblesse de cette gauche (moins de 5 %). Les partis de la gauche alternative ont été ou sont à l’occasion des partis gouvernementaux (mention G dans la liste).

20 % et plus: Chypre, Grèce, Espagne

Chypre: à Chypre, le Parti progressiste des travailleurs (AKEL, communiste) (observateur */°) a obtenu presque 33 % des voix et 19 sièges sur 80 en 2011. Jusqu’en 2013, le président du pays appartenait à ce parti. L’AKEL est un des deux grands partis de Chypre et fait presque jeu égal avec les conservateurs (G).

Grèce: en juin 2012, Parti communiste de Grèce° obtenait 4,5 % des voix et 12 députés, Syriza*, env. 27 % des voix et 71 députés; poursuivant sa progression en tant que principale force anti-austérité, Syriza a pu accéder à la direction du gouvernement en obtenant 36,5 % des voix et 149 députés sur 300 en janvier 2015, résultat confirmé, malgré l’attitude conciliante d’A. Tsipras face à l’UE, aux élections anticipées de septembre 2015, avec 35,5 % des voix et 145 députés (G); le Parti communiste de Grèce, qui ne collabore pas avec Syriza et s’oppose à l’UE, a obtenu pour sa part 5,5 % des voix et 15 députés en janvier et en septembre 2015; en septembre 2015, un groupe de députés de Syriza s’est séparé de ce parti pour créer un nouveau parti anti-austérité appelé Unité populaire qui, fondé juste avant les élections, n’a pas obtenu d’élu.

Espagne: durant la législature 2011-2015, Izquierda Unida*(coalition à laquelle appartient le Parti communiste d’Espagne°), avec près de 7% des voix, avait obtenu 11 députés (net progrès); fondé en 2014, le nouveau parti Podemos, qui oscille entre des positions de gauche radicale et des positions populistes « ni de gauche ni de droite » plutôt criticables , a remporté un beau succès aux élections législatives de décembre 2015: avec plus de 20 % des voix, il rejoint presque les socialistes (22 %) et, avec ses alliés, obtient 65 sièges sur 350; on peut regretter que le succès de Podemos se paie d’un affaiblissement d’Izquierda Unida, à la ligne de gauche plus claire, qui avec moins de 4 % des voix n’aura plus que 2 représentants (il faut noter que le système électoral la défavorise). Mais si l’on ajoute à ces résultats, les gains de la gauche radicale lors des élections municipales qui lui ont permis de l’emporter à Madrid et à Barcelone, on ne peut que se réjouir du considérable renforcement en Espagne d’un courant politique qui pèse aujourd’hui entre 20 et 25 % de l’électorat et fait jeu égal avec la gauche modérée. En juin 2016, des élections législatives anticipées ont eu lieu pour tenter de sortir de l’absence de majorité gouvernementale issue des élections de décembre 2015: contrairement aux sondages qui la plaçaient avant les socialistes, l’alliance Podemos-IU (cette fois-ci réalisée !) reste toujours en troisième position avec 71 députés (contre 85 pour les socialistes). Quoi qu’il en soit, l’alliance de gauche radicale talonne la gauche modérée (21 % contre 23 %), et il est clair qu’il existe aujourd’hui deux gauches de force presque égale en Espagne. Malheureusement, contrairement au Portugal, il n’y pas eu d’accord entre les deux gauches pour contrer la droite.

10 à 20 %: Tchéquie, Danemark, Allemagne, Portugal, Pays-Bas, Irlande, Islande

Tchéquie: le Parti communiste de Bohême et Moravie (observateur */°), qui avait gagné 26/200 dép. en 2006, a obtenu plus de 20 % des voix aux élections régionales de 2012; en 2013, il a obtenu 15 % (+ 3,5 %) des voix et 33 députés au Parlement.

Danemark: aux élections 2011, le Parti socialiste-populaire (G) avait réalisé plus de 9 % des voix et obtenu 16 députés, l’Alliance rouge et verte ou Liste de l’unité**/*, avait réalisé plus de 6,5 % et obtenu 12 députés; aux élections de 2015, l’ensemble de la gauche radicale recule, même si la perte de 9 sièges par le Parti socialiste-populaire est en partie compensée par le gain de deux élus de la Liste de l’unité.

Allemagne: Die Linke*, avec env. 12 % aux élections fédérales 2009, avait obtenu 76 députés; aux élections fédérales 2013, ce parti a reculé pour obtenir environ 8,5 % des voix et 64 députés; dans les Länder constituant l’Etat fédéral, le parti garde toutefois un fort enracinement à l’Est (par ex. 27,5 % des voix en Thuringe), étant un parti gouvernemental dans deux Länder (G).

Portugal: aux élections 2011, le Bloc de gauche***/*, avec env. 5 % des suffrages, obtient 8/230 dép., et le Parti communiste portugais°, avec env, 6 %, en obtient 14/230; il est allié avec les Verts qui obtiennent moins de 1 % des voix et ont 2 députés; aux élections 2015, les deux partis de gauche radicale porteurs de la lutte contre l’austérité ont remporté un net succès: le Bloc de gauche avec plus de 10 % des voix obtient 19 sièges sur 230 (+ 11), et la CDU (comprenant le Parti communiste portugais) avec plus de 8 % en obtient 17 (+ 1); les deux partis soutiennent actuellement au Parlement le gouvernement socialiste sans en faire partie.

Pays-Bas: le Parti socialiste (SP) a obtenu 15/150 dép. pour près de 10 % des voix en 2012. Les élections de 2017 ont montré la stabilité du SP, malgré un léger recul à 14 députés.

Irlande: en 2011, le Sinn Féin avait obtenu près de 10 % des voix et 14 députés sur 166, le Socialist Party***, plus de 1 % et 2 députés, la gauche radicale réalisant ainsi un important progrès. En 2016, aux élections législatives, le Sinn Fein a encore progressé et est devenu le troisième parti du pays, en obtenant près de 14 % des voix et 23 députés sur 158, alors que l’Alliance anti-austérité-Le Peuple avant le profit, avec près de 4 % des voix, gagne 6 députés. La gauche radicale se rapproche donc des 20 % des voix.

Islande: le Mouvement des verts et de gauche** (G) engrangeait plus de 20 % des voix et obtenait 14 députés jusqu’aux dernières élections de 2013, où il est redescendu à 11 % des voix et 7 représentants.

5 à 10 %: Finlande, France, Luxembourg, Norvège, Suède, Slovénie

Finlande: l’Alliance de gauche**/*, en léger recul, avec env. 7% des voix, a obtenu 12 députés (- 2) en 2015.

France: la gauche radicale française est d’abord représentée par le Front de Gauche (FG) (alliance entre le Parti communiste français (PCF)*/° (G), principale composante, le Parti de gauche (PG)*, issu de la gauche du PS, auquel appartient Jean-Luc Mélenchon, la Gauche unitaire (GU)*, issue de la LCR trotskiste, République et socialisme, issu du MRC de J.-P. Chevènement, la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), à laquelle appartient Clémentine Autain, etc.). Ce regroupement a réalisé plus de 11 % à la présidentielle 2012 (ce qui pourrait justifier qu’on le place dans le groupe précédent), mais env. 6,5 % aux législatives 2012 (10 députés). En France il faut aussi citer les courants trotskistes de Lutte ouvrière et du Parti ouvrier indépendant, ainsi que le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)*** issu de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), qui veut aujourd’hui dépasser le cadre du trotskisme et dont Olivier Besancenot fut le porte-parole très connu jusqu’en 2011(la participation du NPA aux élections législatives de 2012 s’est soldée par un faible résultat). Pour le FG, les élections européennes 2014, avec 6,6 % des voix et 4/74 députés , n’ont pas répondu aux attentes, de même que les 8 % au premier tour lors des élections municipales de la même année.
La progression de la gauche radicale française persiste à être plombée: elle paie peut-être la grande influence qu’elle exerçait autrefois et qui fait d’autant plus réaliser son incapacité actuelle à lutter contre les politiques de la droite et du PS, dont elle fut par ailleurs autrefois, et dont elle reste à l’occasion, pour des raisons électorales, l’alliée. Aux élections régionales 2015, avec des alliances diverses et une ligne manquant de lisibilité, loin de progresser, le FG a même perdu 2/3 de ses élus-e-s. La situation de la gauche radicale française est vraiment préoccupante.

Luxembourg: en 2013, avec 5 % des voix, La Gauche* a obtenu 2 sièges sur 60 (+ 1) au Parlement luxembourgeois.

Norvège: le Parti socialiste de gauche** (G), en recul en 2013, avec env. 4 % des voix, a obtenu 7 députés (- 4) sur 169.

Suède: le Parti de gauche**, en léger progrès en 2014, a obtenu env. 5,5 % des voix et 21 députés (+ 2) sur 349.

Slovénie: en 2014 a été constituée en Slovénie une coalition de gauche radicale dénommée Gauche unie*, qui a remporté 6% des voix et 6 députés sur 90.

Moins de 5 %: Italie, Belgique, Autriche, Royaume-Uni, Suisse

Italie: en 2006, dans une coalition, Rifundazione Comunista*/° (issu du PCI, ce dernier ayant majoritairement changé de nom et adhéré au libéralisme), avec env. 6%, obtient 41 députés aux élections générales, le PDCI (observateur */°) (autre parti issu du PCI), avec env. 2,5 %, ayant droit à 16 députés. Depuis lors, à diverses élections et dans diverses coalitions, les communistes italiens ont essuyé échec sur échec. Aux élections législatives de 2013, participant à la coalition Révolution civile, ils n’ont obtenu aucun élu (un déclin impressionnant, il est vrai dans un pays connaissant un terrible état de décomposition politique). Un signe encourageant est le gain, avec 4 % des voix, de 3 députés aux élections européennes 2014 sur la liste L’autre Europe avec Tsipras.
Il faut pourtant noter qu’après la disparition des communistes au Parlement, une force antilibérale avait quand même obtenu des élus. Le SEL (Gauche, écologie et liberté), avait depuis 2013 25 députés sur 630. En 2015-2016, le groupe a été renforcé par l’arrivée de 6 dissidents de gauche du PD (gauche modérée) et a adopté le nouveau nom de Gauche italienne (Sinistra Italiana, SI). Actuellement SI a pris l’initiative d’un processus complexe pour fonder un nouveau parti de gauche, à la structure plus ou moins unitaire. Y participent, outre le SEL et les ex-démocrates (dont Stefano Fassina, leader eurocritique, et Sergio Cofferati, ancien numéro un de la grande centrale syndicale CGIL), Refondation communiste et l’Autre Gauche avec Tsipras. Espérons qu’en décembre prochain, un congrès de fondation mette enfin sur les rails un vrai parti de gauche comme l’Italie en mérite !
(voir http://www.radiopopolare.it/2016/02/a-sinistra-verso-un-nuovo-partito/)

Belgique: la gauche est faible malgré l’existence d’une pluralité de mouvements: PSL, LCR, Lutte ouvrière (trotskistes), Parti communiste (PC)*, Parti du travail de Belgique (PTB)°, dont certains ont des élus communaux. En 2014, le Parti du travail de Belgique a gagné 2 sièges (alors qu’auparavant il n’en avait pas) sur les 150 de la Chambre des représentants (une des deux chambres du parlement fédéral).

Autriche: le Parti communiste d’Autriche*/° n’est pas représenté au parlement national, mais il fait de bons résultats en Styrie et notamment à Graz.

Grande-Bretagne: en Grande-Bretagne la situation est particulière, le système électoral interdisant presque totalement à tout petit parti d’avoir des élus, ce qui motive la tendance d’une partie de la gauche alternative britannique à travailler à l’intérieur du Parti travailliste (on peut penser à la figure de Tony Benn qui, comme député et ministre, fut un grand leader de la gauche travailliste; cette action dans le Parti travailliste a cependant été moins facile ces dernières années). Il existe pourtant un assez grand nombre d’organisations de gauche extérieures au Parti travailliste. Citons le PC britannique°, qui a fait en moyenne 0,55 % des voix aux élections générales de 2005, et a obtenu un conseiller communal au Pays de Galles en 2008, et le Socialist Labour Party, d’Arthur Scargill, ancien leader du syndicat des mineurs, fondé en 1996 et qui a fait 2,4 % des voix lors des élections au parlement gallois en 2011. Le Parti du respect (socialiste, pacifiste, écologiste, communautaire, syndicaliste)***, auquel appartient le cinéaste Ken Loach, a fait 0,3 % des voix en 2005 et a eu un député, l’ancien travailliste George Galloway, connu pour son opposition à la guerre en Irak. Il y a aussi des partis trotskistes, comme le Parti socialiste***, le Parti socialiste des travailleurs (SWP)*** (qui a fait partie de la coalition Respect), le Parti socialiste écossais (SSP)***, fondé en 1998, qui bénéficiant de la dérive droitière du Parti travailliste, a obtenu plus de 7,5 % des voix et 6 députés au parlement écossais en 2003, mais se trouve aujourd’hui très affaibli au profit d’un autre parti, Solidarité, fondé en 2006 par des membres du SSP et qui a fait élire une conseillère municipale à Glasgow. L’arrivée récente d’un leader de gauche, Jeremy Corbyn, à la tête de Parti travailliste, laisse penser que l’influence de la gauche radicale pourra de nouveau s’exercer au sein du seul parti de gauche qui peut compter électoralement au Royaume-Uni.
En Irlande du Nord, Le Sinn Féin (G), aussi implanté en République d’Irlande (voir plus haut), parti nationaliste de gauche radicale favorable à la réunification de l’Irlande et à la rupture avec le Royaume-Uni a participé au gouvernement pendant plusieurs années avec les unionistes souhaitant le maintien des liens avec Londres. En 2017, le Sinn Féin a augmenté son score obtenant 27,9 % des voix et 27 députés sur 90, étant presque à égalité avec les unionistes du DUP qui avec 28,1 % des voix ont gagné 28 députés. Cette quasi-égalité empêche en ce moment la constitution d’un nouveau gouvernement.

Suisse: l’implantation est très inégale, à l’image de la diversité encouragée par le fédéralisme helvétique; elle est parfois significative, parfois nulle ou symbolique. Ainsi à Genève, aux élections cantonales 2009, la liste solidaritéS***-Parti du Travail (PdT)*, avec 6,9 % des suffrages avait manqué d’un cheveu de revenir au Grand Conseil, alors que la nouvelle liste de gauche Défense des Aînés réalisait presque 6 %. En 2011, aux municipales, la coalition Ensemble à Gauche obtenait 11 représentants sur 80 (en progrès par rapport à 2007). A Genève la mouvance de gauche semble donc avoisiner les 10 % et, quand elle est unie, se porter assez bien. Dans le canton de Vaud, entre 2007 et 2012, l’alliance A Gauche Toute avait obtenu moins de 3,5 % des voix et 5 députés, en 2012 le nombre de représentants a baissé à 4, avant de remonter à 5 suite à un renfort issu du PS. Quant au canton de Neuchâtel, les élections législatives 2013 ont attribué, pour 7 % des voix 9 sièges au POP-Solidarités contre 10 auparavant. A côté de cela, la Gauche valaisanne alternative et La Gauche n’ont réalisé que 0,6 % des voix en Valais quand elles se sont présentées. En Suisse alémanique, la Liste alternative est présente dans le canton de Zurich (3 députés au Grand Conseil sur 180 depuis 2011) et dans le canton de Schaffhouse (5 députés sur 60 au Grand Conseil depuis 2013). Depuis 2009, le parti La Gauche, qui est actif dans quelques régions, a essayé de rassembler la majorité des autres partis dans une seule structure. Pour l’heure, cet objectif n’est pas atteint. La dénomination La Gauche a toutefois été utilisée par la coalition des organisations de gauche alternative lors des élections cantonales vaudoises 2012. Au niveau national en revanche, en 2011, après le retrait de Josef Zisyadis, notre courant avait perdu son seul député; les élections législatives fédérales de 2015, si elles ont été insatisfaisantes pour Ensemble à Gauche (Parti du Travail-Solidarités) à Genève (6 %, en recul, aucun élu) et pour POP-solidaritéS sur Vaud (3 %, en recul, aucun élu), ont cependant permis de retrouver un élu fédéral avec Denis de la Reussille, POP du canton de Neuchâtel. On peut en Suisse encore citer deux organisations trotskistes, le Mouvement pour le Socialisme (MPS) et la Gauche anticapitaliste, qui d’ordinaire ne participent pas aux institutions.

Quand face à la démission des partis socialistes convertis aux grandes options de la droite néolibérale, l’opposition devient en Europe de plus en plus celle de la droite nationaliste et xénophobe, il est de première importance que se reconstitue ou se constitue dans nos régions une gauche alternative forte, en mesure de peser pleinement sur les évolutions de nos sociétés. Qu’elle obtienne ou non des places dans les institutions compte moins que l’affirmation d’une ligne combative claire au service de politiques radicalement différentes visant l’objectif de dépassement du capitalisme. La position prise par rapport à l’UE semble devenir de plus en plus un enjeu essentiel pour cette tendance politique: face au rouleau compresseur d’institutions non-démocratiques vouées à l’expansion du néolibéralisme et qui ne paraissent pas réformables, il serait en effet souhaitable que la gauche radicale adopte partout une ligne de refus sans concession, plutôt que de laisser le monopole du rejet de l’UE à des mouvements nationalistes rétrogrades et xénophobes.

Le Parti de la gauche européenne pour une politique alternative

Le Parti de la gauche européenne pour une politique alternative


image:http://www.rifondazione.be/immagini/2congressel.jpeg

Quelques personnalités de la gauche européenne

Quelques personnalités de la gauche européenne


image: https://www.lepartidegauche.fr/system/images/original/un-plan-b-en-europe.png?1447416893

Posted in: Articles