Blind Blake, prince du ragtime et du blues

Posted on 29 mai 2016

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Blind Blake est l’un des plus grands musiciens afro-américains du début du XXème siècle. Il a été un des meilleurs guitaristes de ragtime, tout en pratiquant aussi le blues.

Rappelons quelques éléments concernant le ragtime qui fut créé par des pianistes avant d’être transposé pour la guitare par certains musiciens des années 1920:
« Le ragtime est originaire de la communauté afro-américaine du xixe siècle. Il provient de la musique de marche jouée par des groupes noirs, et du style pianistique cake-walk, qui était aussi joué par les noirs américains. Le genre est vu comme une synthèse entre la syncope africaine et la musique classique européenne. Une sorte d’équivalent américain des menuets de Mozart, des mazurkas de Chopin ou des valses de Brahms, mais toujours avec cette caractéristique de la syncope….Le compositeur noir Scott Joplin, donne ainsi ses lettres de noblesse au ragtime et participe grandement à l’apogée du ragtime dans les années 1900. Sa renommée est telle qu’il se fait connaître rapidement en Europe où des compositeurs classiques l’étudient, tel Claude Debussy et son Golliwog’s Cakewalk de 1908…. Le ragtime est une variante de la marche, rendu populaire par John Philip Sousa, avec une polyrythmie venant des musiques africaines. Le ragtime est généralement écrit en 2/4 ou 4/4 (et 3/4 pour la valse ragtime). Tandis que la main gauche s’occupe des notes basses, la main droite doit effectuer une syncope, pour la mélodie, par rapport au temps. Le nom ragtime (temps en lambeaux, déchiqueté) vient donc de l’utilisation décalée que l’on donne à sa main droite dans le jeu. » extrait de: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ragtime

La vie d’Arthur Blind Blake est mal connue. Il naquit peut-être vers 1893 à Jacksonville en Floride et mourut de tuberculose en 1934 à Milwaukee.
Il s’installa à Atlanta au début des années 1920 où il fit connaître le ragtime. Puis il se rendit à Chicago, où il fit ses premiers enregistrements pour la maison « Paramount Records », qui eurent beaucoup de succès. Il jouait alors aussi du blues, accompagnait parfois des chanteuses comme Leola Wilson. Dans les années suivantes, il réalisa un grand nombre d’enregistrements (Early Morning Blues, West Coast Blues, Tampa Bound, That Will Happen No More, No Dough Blues, Police Dog Blues, Blind Arthur’s Breakdown, Southern Rag,…) où il joue seul ou avec d’autres musiciens comme le pianiste Alex Robinson ou le banjoïste Papa Charlie Jackson. Sa carrière se termina en 1932 avec la faillite de Paramount. Son style a exercé une grande influence sur le blues de la côte Est, au jeu de guitare élaboré, illustré notamment par Blind Boy Fuller, Josh White et le Révérend Gary Davis.
voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/Blind_Blake, http://www.feelingblues.com/home/n-17-page-1/page-2/

Je propose d’écouter deux magnifiques morceaux de 1929, dans lesquels Blind Blake montre à la guitare, avec l’utilisation du finger picking, la perfection de sa maîtrise aussi bien du rythme complexe que de la mélodie, dans le ragtime comme dans un style raffiné de blues, alors que la voix chaude est nonchalante ou plaintive. Le premier morceau, Police Dog Blues est un blues et le deuxième, très détendu, s’intitule Diddie Wah Diddie.

Voici la traduction de Police Dog Blues:

Blues du chien policier

Toute ma vie j’ai été un voyageur (2X)
Vivant seul et faisant du mieux qu’il pouvait
J’ai pris ma valise pour aller dans le Tennessee (2X)
Il est difficile de parler d’un type comme moi
J’ai rencontré une fille je peux pas me la faire sortir de la tête (2X)
Elle m’est passée à côté en disant qu’elle n’aimait pas mon genre
J’ai peur de la déranger en tournant autour de sa maison la nuit (2X)
Elle a pris un chien policier qui cherche la bagarre
Son nom est Promeneur, quand il en a l’occasion (2X)
Il laisse sa marque dans tous les pantalons
Je pense que je vais partir, je pense que je vais la laisser (2X)
Avant qu’elle lâche son chien policier sur moi

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