J.-M. Cleusix à Saint-Maurice: bricolage au département de la formation

Posted on 30 août 2016

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Nommer un haut fonctionnaire démissionnaire à un poste d’enseignant dans un collège le jour de la rentrée, quand toutes les heures sont déjà distribuées, sans tenir compte du légitime mécontentement des professeurs et des élèves, cela ne se fait pas.

Bien sûr que les enseignants peuvent faire preuve de flexibilité dans des cas de force majeure, si par exemple le jour de la rentrée un enseignant de la maison malade ou victime d’un accident ne peut reprendre le travail. On peut concevoir que dans ce cas des horaires soient remaniés. Mais notons que dans ces circonstances, ce qu’on fait d’ordinaire est d’engager un remplaçant qui pour quelque temps se charge de la totalité des heures du professeur manquant, sans que cela n’entraîne une révision des horaires des collègues.

Et dans le cas présent, il n’y a pas de raison majeure. Un haut fonctionnaire qui a enseigné, avant d’exercer pendant presque dix ans des fonctions administratives, n’a pas à être dans l’urgence et sans préparation, au mépris des collègues, imposé de nouveau comme enseignant. La solution de bon sens serait de lui confier une tâche administrative, type de travail dans lequel il s’est spécialisé depuis des années. S’il souhaite revenir à l’enseignement, il faudrait au moins attendre une année, d’abord pour ne pas perturber l’organisation de la présente année scolaire, ensuite pour lui donner le temps de se préparer à revenir à l’enseignement, ce qui ne s’improvise pas.

Quoi qu’on puisse penser des compétences du haut fonctionnaire démissionnaire, la décision qui le concerne aujourd’hui est de la seule responsabilité de notre ministre de la formation qui, longtemps professeur, devrait pourtant savoir comment fonctionne un collège. Cette décision qui sent son arbitraire est surtout un cas avéré de bricolage. Quand un gouvernement gère les services publics, il doit le faire avec le seul souci des intérêts d’abord des usagers, ensuite de ceux qui doivent fournir les prestations dans de bonnes conditions. Aucune autre considération ne doit intervenir. La décision actuellement bricolée, si elle sert des intérêts qu’on a peine à définir avec précision, ne sert en tout cas ni ceux des élèves ni ceux des enseignants. Ainsi le ministre doit réaliser qu’il faut l’annuler, et, en tout cas temporairement, nommer le démissionnaire à un poste administratif. Comme il avait su le faire justement quand il écarta un autre haut fonctionnaire pour le remplacer par l’actuel démissionnaire.

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