Paul Clayton (1931-1967), folksinger

Posted on 30 août 2016

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Je veux rendre un bref hommage à un folksinger américain disparu depuis 50 ans, Paul Clayton.

Né en 1931 dans une ville portuaire du Massachussets, Paul Clayton s’intéressa tôt aux chants traditionnels, influencé par son grand-père qui avait appris notamment des chansons de marins, et par sa grand-mère qui connaissait des chansons de l’Ile du Prince-Edouard. Paul apprit la guitare et porta son attention particulièrement sur les chansons de marins. Il anima des émissions folk à la radio, avant d’étudier le folklore à l’Université de Virginie.

Collectant des chansons, Clayton se mit à en enregistrer, alors qu’il se mit à jouer aussi du dulcimer des Appalaches. Dès 1952, il édite un grand nombre de disques sous différents labels (Whaling and Sailing Songs pour Tradition Records, Bloody Ballads pour Riverside Records, Bay State Ballads, Songs and Ballads of Virginia, American Broadside Ballads in Popular Tradition pour Folkways, la célèbre compagnie spécialisée dans la musique traditionnelle, Bobby Burns’ Merry Muses of Caledonia pour Elektra et Paul Clayton, Folk Singer ! pour Monument Records). Il enregistra aussi avec le groupe les Foc’sle Singers (auquel appartenait Dave Van Ronk), et collabora avec Jean Ritchie. Il reprit aussi This Land Is Your Land de Woody Guthrie. C’est un total de plus de 300 chansons qu’il a enregistrées.

Au début des années 1960; il était une figure marquante de Greenwich Village, centre new-yorkais de la musique folk, et il fut un mentor et un ami de Bob Dylan à ses débuts.

Confronté à divers problèmes liés à sa carrière et à son homosexualité, à la dépression et à des problèmes de drogue, il se donna la mort en 1967.
Voir: https://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Clayton_(folksinger)

Je propose deux de ses chansons, qui toutes deux sont en rapport avec d’autres chansons rendues très célèbres par d’autres interprètes: les nombreux échos qu’on trouve entre les chants et airs traditionnels expriment la vitalité et la générosité d’un style de musique communautaire où l’on n’est pas crispé sur la propriété artistique. La première, Santy Anna, est une chanson de marins du XIXème siècle, dont il existe plusieurs versions, celle chantée par Paul Clayton faisant allusion à des marins s’étant engagés pour combattre les Américains au Mexique, et dont les francophones connaissent presque tous la célèbre adaptation d’Hugues Aufray intitulée Santiano. La deuxième, Who’s Gonna Buy You Ribbons (When I’m Gone), elle-même inspirée d’une chanson plus ancienne, a servi de base au grand succès du premier Dylan, Don’t Think Twice Is All Right, cet emprunt ayant amené à l’époque un conflit juridique entre les maisons de disques de Clayton et de Dylan, sans nuire à l’amitié entre les deux chanteurs. On découvre dans les deux chansons l’interprétation empreinte de douceur et de mélancolie qui caractérise Paul Clayton.

Santy Anna (essai de traduction)
O Santy Anna a gagné le prix
Hurrah Santy Anna
Le général Taylor s’est enfui
Dans les plaines du Mexique

Refr.:
Ainsi debout au loin nous partirons
Hourrah Santy Anna
Debout au loin nous partirons
Dans les plaines du Mexique

O Santy Anna s’est battu pour la renommée
Hurrah Santy Anna
C’est là que Santy a gagné la célébrité
Dans les plaines du Mexique

R.

Santy Anna de l’or a amassé
Hurrah Santy Anna
Et souvent on a parlé de ses hauts faits
Dans les plaines du Mexique

R.

O les jours de Santy Anna sont passés
Hurrah Santy Anna
Santy Anna n’ira plus lutter
Dans les plaines du Mexique

R.

J’ai pensé à ce que le vieil homme a dit
Hurrah Santy Anna
Il nous donnera du grog aujourd’hui
Dans les plaines du Mexique

R.

Who’s Gonna Buy You Ribbons (When I’m Gone) (essai de traduction de deux strophes)
Inutile de t’asseoir et de soupirer, chérie,
Inutile de t’asseoir et de pleurer,
Inutile de t’asseoir et de te demander pourquoi, chérie,
Il faut juste te demander qui va t’acheter des rubans quand je serai parti

Ainsi je marche sur cette longue route solitaire,
Tu es celle qui m’a fait partir en voyage
Mais je ne peux m’empêcher de me demander en chemin,
Qui va t’acheter des rubans quand je serai parti

Paul Clayton

Paul Clayton

http://alchetron.com/Paul-Clayton-(folksinger)-804051-W

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