Jacques Douai, un troubadour du XXème siècle

Posted on 8 décembre 2016

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Jacques Douai (pseudonyme de Gaston Tanchon) (1920-2004) est un chanteur français qui a été surnommé « le troubadour des temps modernes ».

Il a débuté en 1947 au cabaret montmartrois Chez Pomme, puis a été l’un des grands artisans de la chanson dite « Rive gauche », à l’Echelle de Jacob, au Quod Libet, au Club du Vieux-Colombier.
Il a interprété des poètes, comme Jacques Prévert, Max Jacob, Pierre Seghers, de même que Léo Ferré ou Georges Brassens. Il a été le premier interprète masculin des Feuilles mortes de Prévert et Kosma. Mais il s’est aussi intéressé aux chansons anciennes, qu’elles soient de poètes anciens (Rutebeuf) ou traditionnelles. Il a reçu le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1962 et en 1968. Il s’est retiré de la chanson pour co-fonder le Ballet national populaire de danses françaises, puis le Théâtre populaire de la chanson. Il a été directeur de la Maison de la Culture de Sceaux-Bourg-la-Reine. De 1955 à 1985, il a fait paraître une quinzaine de disques dont Chansons poétiques anciennes et modernes (1955), Maintenant que la jeunesse (1968), Les Plus Célèbres Chansons de France pour les enfants (1974), Le Chant du Monde (L’eau-Le feu-L’air-La terre) (1985).

Le Prix Jacques Douai a été créé en 2007, fidèle aux idéaux de celui dont il porte le nom:
 » Il est décerné chaque année, depuis 2007, à un artiste, une personnalité ou une structure qui, par son action ou son œuvre artistique, fait vivre la chanson francophone, le répertoire et les idéaux que Jacques Douai a portés toute sa vie : célébration de l’art de la chanson, respect et souci d’élévation du public, émancipation par la culture et l’éducation populaire. » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Douai) (Michel Bühler fait partie des bénéficiaires de cette récompense).

Comme illustrations, deux chansons populaires très émouvantes, spécialement avec l’interprétation toute en douceur de Jacques Douai. Pierre de Grenoble est une belle et triste chanson d’amour, célébrant deux amants, séparés par la guerre et unis dans la mort, et composée à la fin du XVIIème siècle dans le Dauphiné (elle a aussi été reprise par les groupes folk Malicorne et Mélusine). La deuxième, Le beau Robert, est une chanson normande du XVIème siècle à la très jolie mélodie; elle associe aussi l’amour et la mort, mais ici l’optimisme l’emporte, car celle qui allait mourir guérit, même si demeure le risque pour l’amant de mourir de ne plus voir sa belle. Que cette chanson apporte un message d’espoir: que nous puissions comme le beau Robert entendre entendre de nouveau « l’alouette jolie » chanter un air de justice et de progrès.

Jacques Douai

Jacques Douai


image: espritsnomades.com

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