Merci à Fidel Castro

Posted on 8 décembre 2016

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image: patrick-le-hyaric.fr

On ne peut rester silencieux à la mort d’une personnalité aussi importante que Fidel Castro.
Je n’ai jamais idolâtré Fidel Castro, je n’ai jamais sacralisé le modèle cubain, je n’ai même jamais visité ce pays.

Mais sans aucun doute, Fidel Castro fut un grand homme politique, pour son pays (dont il changea le système économique et politique) comme au niveau international (dans sa lutte contre l’impérialisme, le colonialisme et le fossé Nord-Sud), il fut un grand socialiste (le but de la politique fut pour lui l’intérêt de tous et non d’une oligarchie de capitalistes et de grands propriétaires), il fut un grand homme (de ces hommes dont l’envergure marque leur époque jusqu’à en faire des héros ou des mythes). Comme tout être humain, il eut ses forces et ses faiblesses. Mais il est certain qu’il ne sera pas facilement remplacé !

Je vais citer quelques extraits des articles que Politis (N° 1430, du 1er au 7 décembre 2016) lui a consacré et qui explique clairement pourquoi Fidel Castro ne doit pas être oublié.
« La révolution de 1959, dont Castro fut le principal artisan et l’incontestable « lider », est donc à la fois une révolution sociale et nationale. Castro et ses « barbudos » ont été porteurs d’une aspiration de justice sociale, mais peut-être plus encore de réappropriation d’une culture et d’une dignité. » ( René Sieffert, Castro, un « cruel gentil », p. 14)
« Si le préjugé romantique a survécu, c’est que Castro a réussi le miracle de tenir tête à l’impérialisme américain alors que celui-ci installait des dictateurs à sa solde partout en Amérique latine, et qu’il livrait l’épouvantable guerre du Vietnam. » (même article, p. 15)
« En 1985, lors d’une conférence à La Havane. Fidel Castro alerte le monde sur une crise à venir de la dette extérieure de l’Amérique latine, « une hypothèque éternelle, impossible à payer et à percevoir », un cancer « qui requiert une opération chirurgicale ». Selon lui. la solution n’était pas seulement l’annulation de la dette, mais l’union des peuples des pays en développement pour faire face à l’impérialisme et à ses intérêts. Trente ans après ce discours, l’Amérique latine et la Caraïbe ont avancé dans la création d’organisations pour l’intégration et la coopération. Ont vu le jour l’Union des nations de l’Amérique du Sud (Unasur), la Communauté des Etats latino-américaibns et caribéens (Celac), l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique- Traité de commerce des peuples (Alba.TCP) et l’alliance énergétique de Petro-Caribe, toutes destinées à renforcer le développement social, politique, économique et culturel de la région. » (Françoise Escarpit, En Amérique latine, un mythe intact, p. 15)

Pour son pays, Fidel Castro a été un « réformateur social, dont l’oeuvre est incontestable » (Denis Sieffet, art. cité, p. 14).
Je cite quelques éléments simplement empruntés à Wikipedia qui n’est pas un site de propagande (qu’on me pardonne si ces éléments sont pour beaucoup des évidences):

« Il semble ne pas y avoir de sans-abris à Cuba. Bien que le logement ne soit pas gratuit, il est fortement subventionné. Les bidonvilles ont été progressivement éliminés depuis la révolution. Une étude de l’université Harvard publiée en 2002 soutient que la proportion de logements insalubres est passée de près de 50 % en 1960 à moins de 15 %….

Les dépenses publiques de santé s’établissaient en 2004 à 5,5 % du PIB, les dépenses publiques d’enseignement à 9 % du PIB (2002-2005). Cuba se trouve à la quatrième place selon le classement du PNUD en Amérique latine et à la quarante-huitième place dans le monde pour l’indice de développement humain.
Dans le Rapport sur le développement humain 2013 du PNUD, Cuba est passé à la vingt-sixième place pour l’IDH, et ses dépenses de santé et pour l’éducation représentent respectivement 9,7 % et 12,7 % du PIB….

Avant la révolution cubaine, le taux d’alphabétisation à Cuba, était déjà de 78 %, alors que la moyenne mondiale était de 44 %. Selon le PNUD, Cuba se situe au troisième rang mondial avec un taux d’alphabétisation de 99,8 % aujourd’hui, à égalité avec l’Estonie et devant les États-Unis (93,3 %)….

Les services de soins sont disponibles gratuitement partout sur l’île et le taux de mortalité infantile est comparable à celui des pays développés. De même le gouvernement cubain a consacré en 2009 près de 12 % de son PIB au système de santé, soit autant que la France ou l’Allemagne, selon la Banque mondiale. L’île dispose du plus important centre de biotechnologie au monde.
D’après l’Organisation des Nations unies, l’espérance de vie à Cuba est de 78,2 ans (76,2 pour les hommes et 80,4 pour les femmes). Cela place Cuba au 37e rang mondial et au 3e dans les Amériques (derrière le Canada et le Chili juste devant les États-Unis). Le taux de mortalité infantile à Cuba est passé de 32 ‰ en 1957 à 10 ‰ dans les années 1990….

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le système de santé cubain a valeur d’exemple pour tous les pays du monde. Selon les déclarations faites en juillet 2014 par Margaret Chan, sa directrice générale, « Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C’est la voie à suivre, car la santé humaine ne peut s’améliorer que grâce à l’innovation « . Selon elle, le monde doit suivre l’exemple de l’île dans ce domaine et remplacer le modèle curatif, inefficace et plus couteux, par un système basé sur la prévention, « Nous souhaitons ardemment que tous les habitants de la planète puissent avoir accès à des services médicaux de qualité, comme à Cuba ».
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuba)

Le Cuba de Fidel Castro a de plus toujours été un remarquable foyer de solidarité internationale:

« Depuis le triomphe de la Révolution en 1959, Cuba a mis en place une politique de solidarité internationale destinée à venir en aide aux populations les plus démunies du Tiers-monde. Les résultats sont spectaculaires.
Depuis 1963 et l’envoi de la première mission médicale humanitaire en Algérie, Cuba s’est engagée à soigner les populations pauvres à travers la planète, au nom de la solidarité internationaliste. Les missions humanitaires cubaines s’étendent sur quatre continents et revêtent un caractère unique. En effet, aucune autre nation au monde, y compris les plus développées, n’a tissé un tel réseau de coopération humanitaire à travers à la planète. Ainsi, depuis le lancement de cette politique humanitaire, près de 132 000 médecins cubains et autres personnels de santé ont bénévolement œuvré dans 102 pays. Au total, près de 100 millions de personnes ont été soignées à travers la planète par les médecins cubains qui ont ainsi sauvé environ un million de vies. Actuellement 37 000 collaborateurs médicaux offrent leurs services près de 70 nations du Tiers Monde….

Le premier pays bénéficiaire du capital humain cubain a logiquement été le Venezuela, grâce à l’élection de Hugo Chávez en 1998 et à la relation spéciale établie avec Cuba. L’universalisation de l’accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 millions de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela….

Selon le PNUD, l’aide humanitaire cubaine représente proportionnellement au PIB un pourcentage supérieur à la moyenne des 18 nations les plus développées. Le PNUD note dans un rapport que
la coopération offerte par Cuba s’inscrit dans un contexte de coopération Sud-Sud. Elle ne poursuit pas d’objectif lucratif mais elle est au contraire offerte comme l’expression d’un principe de solidarité et, dans la mesure du possible, à partir de coûts partagés. […]. Dans la quasi-totalité des cas, l’aide cubaine a été gratuite, même si à partir de 1977, avec certains pays à hauts revenus, principalement pétroliers, une coopération sous forme de compensation s’est développée. »

(http://reseauinternational.net/cuba-ou-la-mondialisation-de-la-solidarite-13-linternationalisme-
humanitaire-cubain…)

La droite occidentale a bien sûr toujours diabolisé Fidel Castro et le régime cubain pour ses violations des droits de l’homme. Elle ne se préoccupait nullement de toutes les dictatures et oligarchies d’Amérique latine sous parapluie américain, où régnaient l’analphabétisme, la maladie, la misère, et où, sous la tyrannie d’oligarques et de généraux sans pitié, les droits de l’homme n’étaient en tout cas pas mieux respectés qu’à Cuba (le gouvernement suisse n’a pas dit grand-chose par exemple sur tous les dictateurs de droite qui favorisaient nos entreprises et remplissaient les coffres de nos banques). Elle taisait aussi le fait que le gouvernement cubain était un gouvernement révolutionnaire qui avait dû conquérir le pouvoir par les armes, avant d’être assiégé pendant des années, Fidel Castro étant l’objet de multiples tentatives d’assassinat : ce régime en guerre permanente par la volonté de son puissant voisin, se trouvait-il dans les meilleures conditions pour respecter tous les droits de l’homme ? Si l’on reproche à Fidel Castro d’avoir inféodé son pays au bloc soviétique et d’avoir adopté son inefficace modèle étatiste, ne faut-il pas se souvenir qu’au départ Castro voulait seulement s’émanciper des Etats-Unis sans rompre avec eux, et que c’est leur intransigeance dans la défense de leurs intérêts impérialistes qui contraignit Cuba à adhérer à l’autre bloc ? Et sur la pauvreté à Cuba ces dernières années, il est utile se rappeler quelques faits:
« La chute de l’Union soviétique et du COMECON qui priva l’île de ses principaux partenaires commerciaux et l’embargo des États-Unis eurent de lourdes conséquences sur l’économie cubaine. L’Union soviétique achetait le sucre cubain à un prix supérieur au prix du marché et fournissait du pétrole à bas prix. En 1992, le niveau des échanges avec les pays de l’ex-COMECON représentait moins de 7 % du niveau de 1989. Dans le même temps, le PNB cubain chuta de 34 %, les revenus par habitant de 39 %. En 1992, les États-Unis ont resserré l’embargo contre Cuba, tout bateau qui entrait dans un port cubain était refusé d’accès aux États-Unis pendant 6 mois. Des centaines de tonnes de nourriture et de médicaments étaient prises en otage. Quelques années plus tard, l’embargo fût intensifié, chaque pays qui commerçait avec Cuba se voyait interdit d’accès aux États-Unis, l’accès de Cuba aux capitaux étrangers s’écroulait. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuba

Ce qui n’a pas empêché ce notable résultat:
« En 2009, Cuba s’est classé 51e sur 182 avec un indice de développement humain de 0,863 ; ce qui est remarquablement élevé compte tenu de son PIB par habitant qui le place seulement 95e » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Économie_de_Cuba)

Fidel Castro et les dirigeants cubains se sont toujours battus : contre la misère, contre l’impérialisme, contre le colonialisme, pour l’égalité, l’éducation, le bien-être du peuple. Par les temps qui courent, où l’on célèbre sans vergogne la rapacité, la loi du plus fort et le rejet des autres, à moins d’être un croisé du libéralisme attardé de la Guerre froide, va-t-on s’obstiner à les mettre en accusation ?

Pour tous ses combats où il s’est engagé avec sa conviction et sa passion, pour ses succès, pour son exemple, merci Fidel !

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